La crèche Pikler – Le Nid des tout-petits
( 5 mois à 3 ans )
projet pédagogique

 

Emmi Pikler

Les principales valeurs que nous défendons sont le respect de l’enfant dans son individualité et son rythme de développement propre.
Pour faire vivre quotidiennement ces valeurs et préserver l’épanouissement de chaque enfant, nous favorisons la découverte de son corps à travers sa libre motricité.

Nous mettons en place des repères dans l’espace et dans le temps, adaptés aux besoins de chacun, afin que les jeunes enfants accueillis au Nid, puissent intégrer ce nouveau rythme de vie en collectivité, en toute sécurité.
Notre travail s’appuie aussi sur la continuité du lien familial pour chacun.
Le projet éducatif de la crèche  Le Nid des tout-petits  permet de respecter le rythme et l’individualité de chaque enfant, tout en proposant un lieu collectif sécurisant et adapté aux besoins de chacun.
Le cadre sécurisant que nous apportons aux enfants leur permet une sécurité psychique.

Celle-ci leur donne la possibilité d’explorer avec leur corps leur environnement.

C’est en intégrant naturellement les possibilités et les contraintes de l’espace ainsi que les capacités de leur propre corps qu’ils développent une confiance en eux.
Le suivi de l’enfant ne s’arrête pas aux portes de la crèche.

Afin d’assurer une continuité entre la crèche et le jardin d’enfants, chaque référente transmet à une éducatrice qui prend son relai au jardin d’enfants, ses observations concernant les enfants qu’elle a accompagnés durant trois ans.

Par ailleurs, 3 fois par an, l’ensemble de l’équipe pédagogique de Plaisir d’Enfance, travaille autour de sujets psychopédagogiques comme par exemple « la notion d’autonomie », « la relation à l’enfant », « l’accueil des parents »… afin de d’approfondir toujours davantage la réflexion commune et d’harmoniser les pratique.

LES GRANDS PRINCIPES

Le principe de référence consiste à créer un lien de soin entre un enfant et une personne professionnelle. Chaque référente a un groupe de six ou sept enfants, qu’elle accompagne durant leurs trois années passées à la crèche.

1 – L’observation
L’observation de chaque enfant est à la base de notre pratique, combinée à la connaissance théorique de ce qu’est un enfant. Les outils décrits dans ce projet participent tous à rendre l’observation possible, plus aisée et toujours plus fine et au plus proche de chaque enfant. Les observations faites par les référentes sont à la source d’un fonctionnement cohérent lorsqu’elles sont partagées et vivantes au sein de toute la structure.

2 – La référente
La personne référente inscrit son travail dans une démarche d’observation et de suivi de l’enfant pour l’accompagnement de ses repas, des changes, du sommeil et de son activité libre. Elle s’assure du rythme de l’enfant et du lien avec la famille. Elle est l’interlocutrice privilégiée concernant les enfants de son groupe. Autrement dit, elle est la personne permanente qui entretient une relation individuelle avec chaque enfant dont elle est responsable, en prenant en compte l’histoire personnelle et l’environnement familial de chacun. Elle est fiable, bienveillante et chaleureuse.

C’est durant la période d’adaptation que le tout-petit et sa référente commencent à nouer des  liens. Ensuite au quotidien, lorsque la relation est bien établie, le temps fort de cette relation est le moment du soin –  repas, change et sommeil.

La référente ne crie pas, n’enferme pas l’enfant dans une image, ne parle pas de lui à d’autres personnes en sa présence, elle ne se moque pas de lui, en un mot elle le respecte. Elle assure la sécurité corporelle et affective de chaque enfant.

La référente s’appuie sur plusieurs outils :

  • L’observation lui permet de repérer les besoins personnels de chaque enfant, et d’ajuster sa pratique. La référente consigne par écrit un certain nombre d’observations utiles pour le lien entre elle et chaque enfant dont elle s’occupe.
  • La feuille de rythme permet aux parents et aux professionnels de renseigner des d’informations concernant les rythmes de sommeil, l’alimentation, le transit de l’enfant.
  • Le travail d’équipe favorise les questionnements et la réflexion. Les professionnels ont la possibilité de partager leurs expériences, et de se soutenir mutuellement dans les difficultés qu’ils rencontrent inévitablement.

Les temps de soin sont toujours propices à favoriser l’ancrage de l’enfant dans son corps et avec son environnement. Les repas, l’accompagnement au sommeil et les changes sont autant de moments privilégiés pour chaque enfant avec sa référente.

1 – Le tour de rôle
Pratiqué dans la pouponnière dirigée par Emmi Pikler, ce principe “de tour de rôle” tend, au sein de la crèche, à faire vivre chaque enfant dans la place singulière qui lui est due. Le tour de rôle définit un ordre de passage stable des enfants pour les repas et le change. Cette organisation ritualisée consiste à s’occuper des enfants toujours dans le même ordre, un ordre établi en fonction des besoins de chacun. Le tour de rôle garantit à l’enfant qu’il a sa place toute particulière et sa place dans le groupe. Chaque enfant ainsi que tous les enfants ensemble sont alors préservés.

Le tour de rôle est une façon de rendre lisible au tout petit le déroulement d’une journée. Petit à petit, il devient capable d’anticiper, il sait quand vient son tour et cela lui permet de patienter plus sereinement, et profiter de ce que lui offre la crèche par ailleurs.

2 – Le soin continu
La pratique du soin continu comprend le sommeil, le repas, le change. L’enfant est accompagné par la personne référente dans ses besoins, sans que le poids de la collectivité ne pèse trop.

Ces habitudes sont construites à la fois sur la base du rythme naturel de l’enfant et sur la base du rythme de l’organisation collective qui se doit d’être stable et claire pour les enfants.

Le repas
Le repas est d’abord donné sur les genoux de la référente, jusqu’à ce que l’enfant soit prêt à passer à table. Le passage à table se fait selon les critères mis en avant par l’approche piklérienne :
– l’autonomie dans la prise de l’eau au verre
– Lorsque sa tenue assise est adéquate pour tenir le temps d’un repas
– Lorsqu’il est prêt à se détacher du contact physique de l’adulte

Les enfants ont le choix de ce qu’ils mangent ; nous respectons leur goût, et aussi la quantité de nourriture qu’ils souhaitent absorber. Nous adaptons même les propositions culinaires au cas par cas durant la 1ere année.

Le sommeil
D’abord, chaque enfant est accompagné pour se reposer selon ses besoins propres. Pour cela, les lits sont disponibles tout au long de la journée. Nous n’avons pas de pièces dortoir, les lits ne sont pas isolés et font partie intégrante des pièces de vie. Les bébés dorment dans l’espace de vie commun ; le fait d’entendre et de voir leur référente les sécurise.

Ensuite, à partir de 2 ans, un rythme collectif de sieste est progressivement instauré l’après-midi, sachant que les enfants ont accès librement à leur lit.

Cette disposition permet à chaque enfant de mieux manifester son désir de se reposer.

En dehors des temps de sommeil, l’enfant peut aussi utiliser son lit pour se ressourcer, jouer seul sans devoir toujours composer avec la proximité des autres enfants, car son lit est son seul espace personnel.

Lorsqu’un enfant manifeste le besoin d’être accompagné à l’endormissement, un(e) professionnel(le) s’organise pour que ce soit possible.

Le change
Le change de la couche se fait dans une démarche de coopération avec l’enfant. Ces soins corporels engagent la personne référente dans sa relation avec chacun, pour le conforter dans sa place et dans son unité corporelle.

Le coin-change est adapté au développement psychomoteur de chacun des groupes d’âge. Il s’agit de permettre le libre mouvement tout en préservant l’intimité de chacun. Les enfants ne sont pas passifs, ils sont informés avec respect et douceur de ce que les adultes font lorsqu’ils touchent leur corps, cela contribue entre autres choses à la prise de conscience de soi.

Dès le début, le bébé est associé au change. La référente fait appel aux compétences de l’enfant en fonction de son âge et de sa personnalité.

L’intérêt de l’enfant pour son environnement et l’évolution de son développement psychomoteur l’amènent à expérimenter, tâtonner au gré de ses mouvements spontanés et volontaires.

Dans le groupe des enfants de 3 à 12 mois, il n’y a ni transats, ni chaises hautes, seulement des tapis et des estrades de différentes hauteurs. Durant les moments d’éveil, les bébés sont actifs dans leur lit, ou sont posés au sol, sur le dos, afin d’être totalement libres de leurs mouvements. Ainsi, les tout-petits ont-ils la possibilité de faire l’expérience de leurs propres sensations internes et de découvrir progressivement toute la gamme de leurs compétences motrices.

Nous ne leur donnons pas de positions qu’ils ne soient capables de prendre par eux-mêmes spontanément. Par exemple, nous n’asseyons pas un enfant qui ne s’assoit pas par lui-même, comme nous ne mettons pas debout un enfant quine marche pas encore. Nous laissons chacun faire ses propres expériences à son rythme, en lui accordant le temps qui lui est nécessaire.

La deuxième année est celle de l’explosion des grands mouvements, les enfants ont besoin de se déplacer et de déplacer des objets, ce sont de grands déménageurs ! Puis ils commencent à grimper et ont besoin de davantage d’espace, de lieux pour se cacher aussi, c’est pourquoi les enfants du groupe des plus « grands » ont accès à un espace avec des vélos, des camions-porteurs…

Dans cet univers collectif, il est indispensable de permettre aux enfants de se retrouver à titre singulier. Les lieux, l’environnement humain et matériel doivent contribuer à rendre lisible pour eux le déroulement de leur journée. Les jeunes enfants sont sécurisés par ce qui est prévisible et repérable.
C’est parce que la relation est riche entre la référente et l’enfant, que celui-ci est capable de s’adonner à ses activités, à distance d’elle, mais non loin d’elle, porté par le regard bienveillant de celle-ci.
L’aménagement est conçu pour qu’il y ait le moins possible de règles, car les enfants ne sont pas encore capables de les respecter.
L’espace est aménagé différemment pour chaque groupe d’enfants. Il permet de répondre aux besoins de chacun et de tous.

Dans la salle de vie du groupe des « bébés » : 

Les référentes y disposent des objets légers et de petite taille auprès de chaque enfant qui a ainsi la possibilité de les découvrir et de les manipuler à son gré. Le choix des objets est fait en fonction du niveau de développement et de l’intérêt de chacun. Quand les enfants commencent à se déplacer au sol, ils explorent leur espace à leur rythme.

Des espaces délimités sont prévus en fonction de la dynamique des groupes chez les bébés et les moyens et évoluent lorsque cela est nécessaire durant l’année, en fonction du développement des enfants.

Dans la salle de vie du groupe des « moyens » :
– Le matériel de motricité fait partie de l’espace de vie.
– Aucune activité ne doit être limitée dans le temps, le besoin de l’enfant devant être satisfait au moment où il se fait sentir. Ainsi, nous mettons à disposition des estrades, des échelles (triangles), toboggans, au sein même de l’espace de vie et de manière permanente.

Dans la salle de vie du groupe des plus « grands » :
– Plusieurs coins sont aménagés, pour les jeux moteurs, les jeux symboliques et les jeux de construction. L’accès à la chambre est aussi ouvert en permanence. L’accès à la salle des toilettes est géré en fonction de l’évolution du groupe dans l’année.
– Une structure de motricité, une barre pour se suspendre, un coin dînette et poupée, des animaux de la ferme, des animaux de la Savane, des voitures des jeux de construction, différents types de contenants, des tissus, des sacs pour transporter des objets sont à disposition.
– Un seul espace est fermé et accessible aux enfants dont le niveau de développement d’en respecter les règles ; c’est « l’atelier » où se trouvent, des plateaux avec des versés, des activités de tri, des crayons pour le dessin, des gommettes, le chevalet de peinture, les jeux d’eau… La salle polyvalente  est investie pour les activités telles que le vélo, le bac à sable, les jeux de cache-cache…

La mise à disposition des objets doit permettre aux enfants d’en user librement et de déployer toute leur créativité. Cette façon de procéder limite les interdits.

EN COMPLÉMENT

Chaque inscription fait l’objet d’une rencontre préalable avec les parents de l’enfant. Une réunion de parents collective est organisée pour le nouveau groupe des bébés. Chaque famille reçoit ensuite un planning d’adaptation sur trois semaines. Une feuille de liaison fait le pont entre la maison et la crèche. Les parents y inscrivent les nouvelles concernant l’enfant et les informations concernant son alimentation et sa santé. La personne référente de l’enfant y inscrit au verso les informations de la journée, avec quelques mots personnalisés pour chaque enfant résumant sa journée ou évoquant un événement notable à partager avec la famille.

La responsable pédagogique et la psychologue de la crèche soutiennent ce lien enfant-professionnelle ainsi que la relation parents-professionnelle. Les observations et questionnements soulevés par le lien de référence sont régulièrement discutés en réunions hebdomadaires et en rendez-vous avec les parents.
Chaque groupe se réunit une fois par semaine pendant une demi-heure avec la responsable pédagogique et/ou la psychologue de la crèche. D’autres réunions nécessitant la présence de l’ensemble de l’équipe sont programmées si besoin.
Trois journées pédagogiques sont organisées durant l’année.

CONCLUSION

Le projet pédagogique est le socle de notre pratique. Avant confirmation d’inscription, nous faisons état de notre pédagogie dans ses grandes lignes et sommes à l’écoute des questions des parents, qui ont le choix ensuite de confirmer ou infirmer leur désir d’inscrire leur enfant au sein de notre crèche.

Au Nid des tout-petits, les professionnelles s’efforcent d’adapter au mieux leur pratique aux évolutions et singularités des enfants. Néanmoins, il nous paraît fondamental que les parents, de leur côté adhérent au projet pédagogique et fassent confiance au professionnalisme de l’équipe, dans l’intérêt de leur enfant.

Ainsi parents et professionnels ont la possibilité de concrétiser une réelle alliance pour faire vivre ce projet unique.